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Billet du 14 mars 2017

 

 

Les parties immergées de la logique interactionnelle ou la logique illogique

 

Être en relation, interagir les uns avec les autres, quoi de plus naturel pour la grande majorité des êtres humains. Pourtant, lorsqu’on y regarde de plus près, l’interaction semble être source de bien des soucis pour beaucoup d’entre nous. Qui ne connait pas de difficultés dans ses relations familiales, de couple, professionnelles, sociales ou autres ? Qui n’a pas rencontré de tensions avec un voisin, un commerçant ou un client ? Les incompréhensions sont fréquentes, les agacements, les conflits avec leur lot d’émotions qui les accompagnent : colère, tristesse, peurs. Et ce sentiment envahissant qui nous colle à la peau et qui nous dit que rien ne change, que c’est toujours pareil, un éternel recommencement ! Tout ça nous déprime, nous angoisse, nous rend parfois défaitiste. Et c’est bien normal. Quoi de plus ennuyeux et déroutant que ces relations qui virent régulièrement à la Bérézina ! Et quand on analyse ce qui se passe, on en déduit que c’est bien  la faute de l’autre. Pourquoi il agit comme ça aussi ? Nous, on voudrait bien que ça change, mais l’autre ne fait aucun effort alors on ne peut pas s’en sortir.

 

Ainsi, Madame se plaint que son mari ne fait rien à la maison pour l’aider tandis que Monsieur se plaint que sa femme est toujours sur son dos. Madame a compris depuis bien longtemps que c’est un tire-au-flanc et  Monsieur tient pour acquis qu’elle est une emmerdeuse. Tout cela semble bien logique. Pourtant, si on creuse un peu l’histoire, Monsieur se justifie en expliquant qu’il ne fait rien à la maison parce que quoi qu’il fasse, elle n’est jamais satisfaite, alors, à quoi bon se fatiguer ? Qu’il fasse quelque chose ou qu’il ne fasse rien, elle râle. Et Madame renchérit qu’il ne prête jamais attention à ce qu’il fait et que forcément, ce n’est ni fait ni à refaire ! Monsieur poursuit alors et invoque la perfection de Madame qui est inégalable pour les tâches ménagères et Madame contre-attaque en expliquant qu’il a bien fallu qu’elle développe certaines aptitudes pour compenser ses manques. Monsieur lance alors en guise de conclusion et en quittant la pièce qu’il ne sera jamais à la hauteur de ses attentes et qu’il préfère aller retrouver ses amis qui le comprennent. Madame va ainsi pouvoir ruminer pour le reste de la soirée en se demandant pourquoi diable elle a épousé un homme comme lui. Encore une fois, tout ça semble bien logique tant pour Madame que pour Monsieur. Il est clair que c’est la faute de l’autre ! Mais vu de l’extérieur, ça ne semble pas si simple. Chacun pourra avoir son avis sur la question. Les féministes diront que les hommes exploitent les femmes, les machos diront que les femmes doivent s’occuper de tout à la maison, les plus nuancés diront qu’ils ne savent pas trop. D’autres diront qu’ils n’ont qu’à se débrouiller ! Qui a raison dans toute cette histoire et qui a tort ? Pas facile de répondre… Et c’est peut-être parce que la question n’est pas la bonne et induit l’idée qu’il y a un responsable et une victime. C’est du reste ce que chacun pense dans ce couple : je suis victime et il (elle) est responsable de tout ça ! C’est logique ! C’est en effet une forme de logique, mais qui enferme chacun dans des comportements répétitifs sans issues possible sinon de reproduire à l’infini ces interactions en boucle. Les boucles justement, voilà ce qui peut sortir notre couple d’affaire. En effet, leur logique individuelle semble linéaire : un responsable qui est de plus en plus responsable qui engendre une victime qui est de plus en plus victime. La logique circulaire est souvent moins visible car elle demande à chacun de porter le regard non seulement sur l’action de l’autre mais également sur sa propre action. Ainsi, Monsieur peut commencer à voir en quoi il influence Madame par son propre comportement et Madame peut commencer à observer comment elle influence Monsieur. Madame influence Monsieur qui influence Madame qui influence Monsieur… Le comportement de Madame renforce donc le comportement de Monsieur et vice versa. Il n’y a plus un responsable et une victime mais bien deux personnes qui s’influencent mutuellement en renforçant le comportement de l’autre, créant ainsi des ascensions symétriques continues. Mais encore faut-il que Madame et Monsieur acceptent tous les deux cette nouvelle logique et ce n’est peut-être pas si simple…

 

 

 

Dans le titre de ce billet, j’évoque les logiques illogiques et, dans le cas présent, ce sera une question de point de vue pour chacun des protagonistes. Pourtant, avec un regard extérieur, vous serez sûrement presque tous d’accord pour confirmer qu’on est bien ici dans une logique logique. La circularité, c’est très logique dans l’interaction. Je suis tout-à-fait d’accord avec vous. Cependant, soyons indulgent avec Madame et Monsieur car il est fort difficile d’avoir cette prise de recul lorsqu’on est soi-même pris dans la boucle et les ascensions symétriques qui en résultent.

 

 

 

Je vous propose maintenant d’aller investiguer une logique bien moins logique. Imaginons ce père de famille qui chaque soir lit des histoires à sa petite fille de quatre ans pour l’aider à s’endormir. Il faut avouer que la demoiselle n’aime pas du tout aller se coucher et qu’elle voudrait bien passer la soirée avec ses parents. Aussi, dès que le père lui dit qu’elle doit dormir, elle réclame une autre histoire et le père répond alors immanquablement que c’est terminé et il éteint la lumière, ce qui entraine une crise, des pleurs et des cris. Et chaque soir, le même scénario se répète. Et vous serez sûrement tous d’accord pour dire que le père à raison. Quand c’est l’heure, c’est l’heure ! Pourtant, le pauvre Papa n’en peut plus de gérer ces crises soir après soir. Il aimerait bien que cela cesse. C’est à ce moment que je suis tenté de lui souffler un moyen logique et pourtant bien illogique. Puisque lorsqu’il arrête de lire, la crise commence, alors il faut qu’il continue. Qu’il fasse le contraire ! Je sens déjà le tollé que je déclenche par cette proposition ! Et je comprends bien cela. Ce n’est tellement pas logique. Et puis c’est la porte ouverte sur tous les écarts possibles. Sa fille va en vouloir de plus en plus ! Peut-être pas si le père va plus loin dans cette logique illogique. Je veux dire que s’il lit jusqu’à l’empêcher de dormir, elle va demander grâce et c’est elle qui implorera qu’il arrête. Inversion des rapports mais dans la logique de la petite : « c’est moi qui demande et qui pose la règle ». Sauf qu’elle ne demande plus la même chose, elle demande même le contraire et fait ainsi un autre apprentissage qui sera très aidant pour elle. Et de surcroit, le père évite la crise et il sera surpris de constater que sa fille demandera l’arrêt de la lecture de plus en plus rapidement. Je sens que je viens de heurter vos sensibilités paternelles et maternelles et je le comprends car cette logique est bien illogique et en plus je l’aborde par un sujet sensible.

 

Je vais néanmoins garder le sujet de l’éducation et oser un autre exemple peut-être plus acceptable. Une Maman emmène son jeune fils de neuf ans à sa compétition de judo. Le petit se bat honorablement mais il perd néanmoins son combat. Lorsque sa mère le retrouve, il est en pleurs et elle tente de le consoler en lui expliquant que ce n’est pas bien grave. Et le petit sanglote de plus belle. La maman est gênée et elle lui dit de se calmer et voilà le petit qui pique une crise ! Il se met à hurler et à pleurer en même temps. Sa mère ne sait plus où se mettre et elle entraîne son fils à l’extérieur en lui disant qu’il se conduit comme un enfant. Et la crise redouble encore. Si elle ne se retenait pas, elle lui filerait bien une fessée ! Le comportement de la mère semble à nouveau bien logique. Elle veut d’abord le consoler puis lui apprendre à se comporter comme un grand. Pourtant, ça ne marche visiblement pas. Je lui suggèrerais bien à nouveau une logique illogique. Mais peut-être pas tant que ça. Lorsque la maman dit à son fils que ce n’est pas si grave, ce n’est pas du tout son point de vue à lui. Pour son fils, c’est très grave ce qui vient de lui arriver. Alors, non seulement il est triste mais il se sent incompris et il redouble de pleurs. Lorsqu’elle lui dit de se calmer, elle lui dit en même temps qu’il n’a pas le comportement adéquat et il pique une crise. C’est un peu comme si la maman, bien involontairement, jette de l’huile sur le feu. Et lorsqu’elle lui dit qu’il se comporte comme un enfant, elle enfonce le clou car tout enfant de neuf ans aspire à se comporter comme un homme. La symétrie est ici alimentée par des implicites puissants et c’est bien à ce niveau immergé des messages que se trouvent le problème et donc la solution. Cette maman serait surprise de la réaction de son fils si elle entrait dans la logique de celui-ci et, par exemple, si elle lui disait : c’est normal que tu pleures, tout le monde est triste de perdre une compétition importante et tu vas sûrement pleurer encore un moment… On pourrait parler d’un virage à 180°, mais pas facile à amorcer toutefois, il faut bien le reconnaître.

 

 

 

Les exemples pourraient être infinis tant dans le cadre familial, que professionnel ou social. Imaginons par exemple ce manager qui fait sans cesse des reproches à son collaborateur car celui-ci ne donne pas satisfaction. Bien sûr il a raison, c’est logique. Pourtant, avec ce collaborateur en question, ça ne marche pas. Rien ne change. Si on regardait de plus près la situation, on pourrait voir que ce collaborateur manque beaucoup de confiance en lui. Aussi, dès que son manager lui fait des reproches, il entend « tu es vraiment nul ! ». Il perd alors un peu plus confiance et quand les reproches redoublent, il fait de plus en plus d’erreurs. Son manager serait alors surpris de constater le résultat s’il commence à valoriser le peu qu’il fait convenablement. Mais c’est encore une logique tellement illogique ! Pourquoi valoriser quelqu’un qui ne fait pas ce qu’on attend de lui ? Vous avez raison, ce n’est pas logique du tout, même si ça donne de bons résultats et mieux vaut peut-être poursuivre ce qui a été fait jusque-là…

 

Regardons maintenant ce patron qui veut absolument convaincre ses salariés de la pertinence d’une réorganisation des services. Plus il argumente, semaine après semaine et plus les salariés résistent. Pourtant, il prépare avec un consultant spécialisé en communication de crise toutes ses interventions. Il angle ses messages, les construit minutieusement, se fait coacher pour avoir le bon comportement d’orateur mais paf ! A chaque fois il soulève des tollés dans l’assistance. Il n’en peut plus notre patron. Peut-être devrait-il alors cesser ce qui ne marche pas et tenter une autre approche. Car ils sont très inquiets ses collaborateurs, ils perdent le contrôle de leurs habitudes. Il est bien normal qu’ils s’accrochent à leur équilibre passé. Aussi, dès que le patron cherche à les convaincre que ça va être formidable, ils cherchent à le convaincre du contraire et nous voilà encore devant une belle ascension symétrique. Je me demande ce qui se passerait s’il leur disait qu’ils ont peut-être raison, que ça ne va pas être facile … mais c’est tellement illogique pour les convaincre !

 

 

 

Tout ça me fait réfléchir en cette période de campagne électorale : que se passerait-il si l’un de nos candidats cessait de chercher à nous convaincre qu’il va nous apporter la solution idéale à tous nos problèmes et s’il reconnaissait qu’en cette période de grands bouleversements mondiaux, il n’y a aucune super solution possible mais juste quelques aménagements pour mieux traverser cette grande crise qui va sûrement s’installer pour un bout de temps ? Pas très logique pour un candidat à la présidentiel c’est certain. En même temps, ça aurait le mérite d’éviter la tentation que peuvent avoir les citoyens de penser qu’on les prend parfois pour des imbéciles (on se demande bien pourquoi d’ailleurs !) et rien que ce minuscule détail pourrait peut-être faire la différence. Un autre 180° qui apparait comme un mirage dans le désert de la pollution politico-médiatique du moment et qui clôturera ce billet sur les logiques illogiques.

 

 

 

Frédéric Demarquet    

 


Billet du 2 janvier 2017

 

 

Résolution 2017: j'arrête de faite toujours de la même chose!



Que les choses soient claires, rien ne sert d’arrêter de faire toujours de la même chose si cette même chose donne de bons résultats. Par contre, si lorsque je souhaite régler un problème ou atteindre un objectif, ce que je fais ne fonctionne pas, alors à quoi bon continuer ? Ceci semble plutôt logique et pourtant, lorsqu’on regarde les choses de plus près, c’est cette même logique qui nous joue des tours et nous fout dans le mur régulièrement, voire en rafale.

Pour mieux éclairer mes propos, analysons quelques exemples. Imaginons tout d’abord Damien, jeune manager dans un service informatique. Son équipe fonctionne plutôt bien, à l’exception de Cédric, le plus jeune de l’équipe, qui travaille très lentement et fait prendre du retard au reste des collègues qui s’en plaignent. Damien le lui a reproché plusieurs fois, il l’a aidé dans de nombreuses tâches, il lui a montré comment faire et pourtant, rien n’a changé. Il continue néanmoins de faire ce qu’il a tenté jusque-là, bien qu’il n’y ait pas de résultat. Imaginons maintenant Christelle qui élève seule sa fille de quinze ans. Celle-ci travaille de moins en moins à l’école et ses résultats s’écroulent. Elle n’arrête pas de râler pour lui faire savoir qu’elle n’est pas contente et qu’à son âge elle devrait être plus autonome pour gérer son travail, elle la punit régulièrement, elle contrôle ses devoirs, mais rien n’y fait, les résultats de sa fille continuent de chuter. Pourtant, tout comme Damien, elle continue de faire de la même chose. Et pourquoi ? Parce que c’est ce qui lui parait le plus logique. Idem pour Damien, quoi de plus logique que de faire des reproches, râler, aider, montrer, punir ou encore contrôler lorsque les choses ne sont pas faites ? C’est bien ainsi qu’on a appris à élever ses enfants ou encore à manager. Donc, même si ça ne marche pas, on continue de faire de la même chose. Et c’est là que ça se complique.

Nous avons tendance à faire toujours de la même chose car nous portons un regard linéaire et intrapsychique sur  les situations : chacun voit un responsable qui crée une difficulté parce qu’il a un problème. Par exemple Cédric est trop lent et la fille de Christelle est paresseuse. Il faut donc faire changer l’autre qui est le problème. Pourtant, dans ces situations, se sont bien Damien et Christelle qui ont un problème dans le sens ou se sont bien eux les plaignants. Mais ils voient le problème à l’extérieur. Le problème vient alors de l’autre. Ils  voient l’autre et son comportement comme le problème. Aussi, il semble bien logique d’employer les moyens qu’ils emploient et de les employer à répétition, créant ainsi des escalades comportementales symétriques qui sclérosent le problème. A chaque tentative de résolution du problème, celui-ci va être de plus en plus présent. La solution choisit devient  le problème. Ce qui veut dire que l’influence exercée par le plaignant va dans le sens du renforcement du problème et non de sa résolution. En effet, la logique de ces situations est bien circulaire et non linéaire. Quel que soit le point de naissance de la situation, les protagonistes sont aujourd’hui pris dans des boucles d’interaction qui renforcent le problème. Et, par nature, le plaignant est davantage motivé par la résolution, alors, Damien et Christelle, s’ils souhaitent résoudre le problème, vont devoir abandonner leur logique qui est ici inopérante, voir contreproductive. 

Pour mieux comprendre ce qui se joue, nous allons devoir regarder ces situations de plus près. Lorsque Damien tente de résoudre le problème avec Cédric, il lui demande de changer. Quel que soit ce qu’il tente, il lui dit clairement : « arrête d’être aussi lent ! ». Et ce message entretient clairement le problème puisque rien ne change. Imaginons, et ce n’est qu’un postulat, que la lenteur soit pour Cédric le moyen d’avoir confiance dans ce qu’il fait et donc de bien faire. Il va clairement entendre « ma manière de faire n’est pas bonne ! » et il va perdre encore davantage confiance et donc… faire encore plus lentement. La boucle est bouclée pour entretenir le problème. Damien pourrait alors essayer autre chose, comme de valoriser Cédric sur les points positifs, ce qui pourrait entrainer un gain de confiance et donc la possibilité d’accélérer progressivement. Mais il va lui falloir au préalable accepter une autre logique que celle à laquelle il est habitué pour arrêter de faire toujours de la même chose.
Imaginons à nouveau Christelle et sa fille. Christelle dit clairement à sa fille « Sois autonome pour avoir de meilleurs résultats ! » et en même temps, toutes ses actions lui disent « tu ne peux pas faire sans que je sois sur ton dos ! ». Sa fille se retrouve alors piégée entre ces deux messages et risque d’être de plus en plus en difficulté. Dans ce cas, il sera nécessaire à Christelle d’aligner ses messages afin d’aider sa fille à développer son autonomie et ses responsabilités vis-à-vis d’elle-même. Ainsi, elle arrêtera et permettra à sa fille d’arrêter de faire toujours de la même chose.

On peut également faire toujours de la même chose lorsqu’on traite un problème avec soi-même. Par exemple, si j’ai peur de parler dans des groupes et que j’évite systématiquement toutes les situations qui risquent de m’exposer à ma peur, je m’envoie un message à moi-même du type « tu n’en seras jamais capable ! », ce qui ne manquera pas d’entretenir, voire d’envenimer le problème. Si je ne me sens pas heureux et que je me dis chaque jour que je dois l’être, je vais non seulement ne pas l’être davantage mais en plus culpabiliser de ne pas en être capable et donc me sentir encore moins heureux. Reprenons quelques exemples avec deux protagonistes : si votre mari ne s’occupe pas assez de vous et que pour régler le problème vous êtes toujours sur son dos, il risque fort d’être de moins en moins à la maison et de s’occuper encore moins de vous. Vous lui direz alors que vous êtes sur son dos car il ne s’occupe pas de vous et lui vous répondra qu’il ne s’occupe pas de vous car vous êtes toujours sur son dos ! Votre chef ne vous augmente pas depuis plusieurs années et vous faites en sorte de travailler de plus en plus en espérant qu’il s’en aperçoive et vous augmente. Pourquoi voulez-vous qu’il change quoi que ce soit ?

Lorsque vous vous pencherez sur vos bonnes résolutions 2017, je vous invite à vous demander ce que vous voulez vraiment voir changer et à regarder de près les moyens que vous allez employer. Allez-vous faire toujours de la même chose, ce qui reviendrait à ne rien changer, ou allez-vous trouver une logique différente qui entraînera un réel changement ? Ceci étant dit, on peut prendre un réel plaisir à ne pas changer ce que l’on voudrait pourtant changer. Faut-il réellement régler le problème avec votre compagne, votre compagnon, vos enfants, vos parents, vos impayés, votre chef, votre équipe, votre procrastination, vos peurs, vos colères … ? Rien n’est moins sûr car ne pas changer, c’est aussi maintenir un certain équilibre, ne serait-ce que de valider qu’on avait bien raison. Votre mari est insupportable et vérifier jour après jour que vous avez raison peut être agréable. Etes-vous prête à admettre qu’il puisse être différent ? Ce n’est pas si simple d’abandonner ses idées sur telle ou telle chose, telle ou telle personne. Idem avec votre femme qui est une emmerdeuse, vos enfants qui sont irresponsables, vos parents qui ont été de très mauvais parents, votre chef qui est un imbécile ou vous-même qui ne pourrez jamais changer !
Peut-être les bonnes résolutions sont-elles faites uniquement pour ne rien changer et pour le plaisir de cet équilibre que l’on a le choix de maintenir d’année en année ? Dans ce cas, je crois que je vais faire le choix de ne rien changer cette année, pour changer. Comme les autres années, j’ai fait le choix de changer et que ça n’a rien changé, alors ça vaut le coup d’essayer. Au moins, je ne fais pas toujours de la même chose et qui sait, peut-être ça pourrait changer quelque-chose…

Frédéric Demarquet


Billet du 13 octobre 2016

 

Nous prendrait-on pour des souris blanches?

Ou les paradoxes sociétaux générés par une alliance industrio-politico-médiatique

 

D’habitude, lorsque les spots publicitaires envahissent mon petit écran, j’en profite pour faire une pause technique ou pour zapper sur une autre chaîne. Mais ce soir-là, je fus pris d’une irrésistible envie de grignoter un de ces délicieux petits gâteaux au chocolat. Je m’éclipse donc dans la cuisine et reviens dans le salon au moment précis ou un mannequin squelettique vante le goût inimitable du dit gâteaux. Ma première réaction est de penser qu’elle doit en manger moins souvent que moi et, en même temps, elle fait tellement bien son job que je salive davantage à l’idée de mon imminente dégustation. Je me félicite       d’en avoir acheté un paquet la veille et croque la première bouchée, au comble du bonheur. C’est à ce moment précis que le bandeau fait son apparition. Vous savez, le fameux bandeau sur lequel est écrit « faire de l’exercice est bon pour la santé ». Au-dessus, le mannequin famélique qui semble en extase absolue d’en avoir plein la bouche et, en dessous, ce satané bandeau ! Je ne peux alors m’empêcher de penser que je n’ai pas renouvelé mon abonnement à la salle de sport depuis six mois. Je tâte mes poignées d’amour qui se transforment en bouée XXL  et je finis mon gâteau sans même m’en apercevoir. Pire, je vais chercher le paquet et le termine dans un mouvement de désespoir alimenté par une culpabilité croissante. J’aurais dû acheter deux paquets ! Une demi-heure plus tard, je suis affalé sur mon canapé, nauséeux et focalisé sur mes taux de cholestérol et de glycémie. Je suis sûr que je vais tomber malade et mourir jeune dans un hôpital sordide. J’ai beau tenter de stopper ces pensées, rien n’y fait. Je sens l’angoisse monter et suis maintenant obsédé par ce second paquet que je n’ai pas acheté. Je finis par me raisonner et décide de me servir un petit verre de vin blanc pour me calmer. Je retourne à la cuisine et reviens siroter mon verre tout en parcourant une revue, histoire de me changer les idées et paf ! Je tombe sur une publicité qui vante les mérites d’une boisson alcoolisée fameuse et là, juste en dessous, toujours ce bandeau impossible qui me clame « à boire avec modération ». Est-ce que je bois trop ? C’est quoi la modération précisément ? C’est vrai que le soir, j’aime bien me détendre en partageant quelques verres avec les amis. Peut-être je suis alcoolique ? Je me sens de plus en plus mal et je file à nouveau dans la cuisine, me sers un autre verre et je sors mon paquet de cigarettes. Je ne fume plus, sauf quand je bois. « Fumer tue » me dit le paquet. Je dois donc être suicidaire puisque j’en allume une. Pourtant, j’ai bien l’impression d’aimer la vie ! Je tire nerveusement sur ma cigarette et je vais chercher la bouteille de vin blanc à la cuisine. Je me ressers quelques verres en fumant le paquet et je finis chez l’épicier du coin pour acheter des gâteaux ! Je rentre épuisé et persuadé que je vais mourir d’un cancer dans l’année.

 

Vous pensez sûrement que je suis excessif et vous avez sans doute raison. Pourtant, je m’interroge sérieusement sur l’impact de ces messages paradoxaux véhiculés par les médias, en accord avec les politiques et les géants de l’industrie agro-alimentaire et de la grande distribution sur notre santé mentale. C’est tout de même à vous rendre dingue lorsqu’un premier message vous invite au plaisir de la consommation et qu’un second, en simultané, vous annonce que si vous consommez, vous risquez la maladie et la mort. Et, cerise sur le gâteau, vous creusez le trou de la sécurité sociale, sinon sa tombe. Imaginez un gamin auquel on offre chaque jour un jouet merveilleux tout en lui annonçant que s’il s’amuse avec, il ira droit en enfer. Il en faudrait moins pour qu’il finisse à l’hôpital psychiatrique, ce qui du reste est un avant goût de l’enfer. Il fut une époque où on aimait bien faire des expériences avec des souris blanches. Je me souviens de celle-ci : on associait à une stimulation sensorielle une récompense alimentaire. Puis, quand la souri avait bien appris, qu’elle savait quand et comment se nourrir grâce à la stimulation, on passait à l’étape suivante. Celle-ci consistait à déclencher un choc électrique dès lors que la souri s’alimentait. Un premier message lui disait donc « c’est l’heure du déjeuner » et un second « ne mange pas ! ». Et vous savez quoi ? Elles devenaient toutes bizarres les souris, elles développaient des comportements étranges, asociaux, violents, de repli… Sans doute perdaient-elles quelque peu la raison. En même temps, était-il bien nécessaire de faire cette expérience pour en arriver à cette conclusion ?

 

Mais alors il me vient quelque-chose : nous prendrait-on pour des souris blanches ? Il est vrai que nous avons un cerveau plus développé et que nous pouvons user de raison plutôt que de la perdre. Mais est-ce aussi simple que ça ? Sommes-nous si différent ? Dans les années 50, le groupe de Palo Alto avait déjà mis en évidence le piège de ces communications à deux niveaux. Ils les ont nommées double-contrainte et ont démontré que la répétition de ce type d’interactions dans certains contextes pouvait mener à des désordres psychiques certains, voir à la maladie mentale. Alors je m’interroge tant je vois ces messages se multiplier par le biais médiatique ou politique. Comment est censé réagir le citoyen lorsqu’on lui demande d’être responsable et qu’en même temps, on le traite comme un enfant en faisant de plus en plus ingérence dans sa vie et ses choix ? Que doit penser celui qui écoute les messages de liberté et qui voit son périmètre se restreindre de plus en plus. Est-ce supportable de s’entendre dire à longueur de temps que l’on devrait être heureux alors que l’environnement devient de plus en plus anxiogène ?

 

Alors, je pense à ceux qui, comme les souris blanches, perdent un peu de leur raison car la raison ne peut venir à bout de certains dommages. Et je pense au groupe de Palo Alto qui avait tout compris et je me demande si un jour, ils seront entendus par les géants qui tiennent les commandes ? Le jour ou la raison collective sera perdue, il n’y aura plus personne pour entendre et comme je suis d’une nature optimiste, je me dis qu’arrivé au point de rupture, la différence attendue engendrera ce petit mouvement contraire comme un signe d’espoir.    

 

Frédéric Demarquet


Billet du 29 août 2016

 

Pourquoi la systémique génère des résistances en France

 

La systémique appliquée aux sciences humaines est née aux Etats-Unis dans les années cinquante sous l’impulsion du groupe de Palo Alto. Elle s’est ensuite plus largement répandue dans le monde, particulièrement grâce aux nombreux écrits de Paul Watzlawick. Depuis les années 80, elle est en légère perte de vitesse. La raison première est le vide laissé par la disparition des « anciens » de Palo Alto et le peu de publications actuelles. Elle se fait alors voler la vedette par d’autres approches dont les praticiens et chercheurs sont davantage prolifiques en termes d’écrits. Pourtant, force est de constater la pertinence et l’efficacité des différentes approches systémiques et leur place parmi les différents modèles d’accompagnement des individus, des groupes d’individus et des organisations est bien légitime.

 

En France, après un retard considérable d’intégration des approches systémiques, la tendance semble se modifier depuis les années 2000. Cependant, on observe encore de fortes résistances à faire appel aux méthodes qui sont proposées par les différents modèles existants. L’une des explications principale est l’imprégnation forte exercée par la psychanalyse et son orientation résolument tournée vers le passé et la question fondamentale du « pourquoi ? ». Le postulat étant alors que si l’on trouve les causes et les acteurs responsables d’un problème, la solution émergera de surcroit. Le second postulat étant que ce qui nous pose problème dans le présent sont les conséquences de dysfonctionnements passés. A l’occasion de consultations, je rencontre souvent des clients qui privilégient la compréhension à la résolution. L’aspect intéressant de cette orientation est la réelle curiosité à comprendre. Le praticien systémicien se doit alors d’utiliser cette curiosité pour la rediriger progressivement vers la question du « comment ? ». Comment cela dysfonctionne ici et maintenant et comment le faire fonctionner différemment ? Le regard va alors se porter du présent vers l’avenir. Le postulat de la systémique étant que si l’on résout  les problèmes que l’on rencontre dans le présent, les dysfonctionnements passés et leurs influences négatives sur l’ici et maintenant deviennent caduques. Je ne cherche pas ici à opposer la psychanalyse et la systémique d’un point de vue qualitatif, mais simplement à démontrer que chacune de ces approches peut être bénéfique et qu’il convient de trouver la bonne approche, en lien avec un objectif à atteindre. Bon nombre de personnes qui utilisent la systémique pour la première fois sont surprises d’atteindre rapidement un résultat sans pour autant avoir creusé les causes du problème. Cependant, notre intérêt important en France pour la psychanalyse demande à développer une curiosité nouvelle à développer ce regard systémique, davantage pragmatique et tourné vers des résultats précis.

 

Le second aspect qui crée des difficultés à développer la systémique en France est la confusion que nous faisons fréquemment entre deux types de réalités différentes : premier et second ordre. Les réalités de premier ordre sont celles que l’on peut dire factuelles et « scientifiquement prouvables ». Les réalités de second ordre sont issues des interprétations individuelles et singulières que chacun se fait d’une situation. On peut donc dire en second ordre qu’il n’existe pas de réalité en soi, mais uniquement pour soi. Cette confusion n’est pas sans conséquence, puisque, lorsque nous agissons sur du premier ordre, nous créons des process pertinents et efficaces. Cependant, si nous succombons à la tentation de développer des process « clé en main » dans des réalités de second ordre, nous allons bien souvent aboutir à des échecs, voir à des blocages humains importants. Ainsi, voit-on fleurir de plus en plus de process dans les entreprises et pour autant, la situation est de plus en plus compliquée. Alors, on fait toujours de la même chose et on crée de nouveaux process qui entraînent encore davantage de difficultés. C’est ce que se propose également de faire nos gouvernements quant ils nous annoncent des allègements par la simplification et que rien n’a jamais paru plus complexe que la situation actuelle. Et je suis bien certain que les process qui vont s’ajouter pour simplifier le tout vont compliquer à coup sûr les choses dans les années à venir ! Les systèmes humains ont cette particularité de développer leurs propres solutions avec cette énergie étrange que l’on nomme le libre arbitre. Aussi, agir sur des humains, c’est agir sur des réalités de second ordre multiples et s’attendre à des réactions spontanées ou organisées. La systémique propose donc, à partir de méthodologies précises, de construire des interventions sur mesure et adaptées à chaque personne ou système humain et à avancer par régulations successives jusqu’à l’atteinte d’un objectif défini. Evidemment, face au manque de temps et à la course effrénée que nous subissons de plus en plus, il est normal que des résistances s’installent quant à l’utilisation de ces approches. Pourtant, force est de constater que le temps pris au départ est largement compensé à l’arrivée.

 

Je pourrais citer d’autres aspects de la systémique qui génère de la résistance comme par exemple le non déterminisme. En effet, la systémique soutient qu’on ne peut prédire quelle sera l’évolution précise d’un être humain ou d’un groupe humain mais annoncer cela dans le pays de Descartes ne peut que générer sinon de la résistance, a minima des huées ! Je pourrai aussi ajouter que les approches systémiques sont non normatives mais là encore, j’ai bien peur de freiner l’engouement du lecteur. Enfin, les approches systémiques sont des approches résolument interventionnistes et, par conséquent, les praticiens systémiciens usent de leur influence pour faire évoluer les systèmes humains. A nouveau, je vais me heurter à un tollé général tant notre culture nous dit de ne pas trop nous mettre en avant, de ne pas faire ni vague ni bruit…

 

On pourrait analyser d’autres facteurs qui génèrent de la résistance à la démocratisation des approches systémiques en France, mais je crois avoir donné suffisamment d’arguments pour développer ou entretenir la résistance du lecteur à s’intéresser à ces approches. Je vais donc conclure ce billet de blog ici, en vous souhaitant une belle rentrée 2016. Peut-être aurais-je le plaisir de croiser ou recroiser certains d’entre vous cette saison. En tout cas, si votre résistance à découvrir la systémique ne s’est pas développée à la lecture de ce billet, peut-être êtes-vous prêt à tenter l’aventure passionnante qui consiste à s’immerger dans un changement profond de paradigme ? Sinon, je crois que vous allez devoir patienter encore un peu… mais tout n’est pas perdu vu sous un angle non déterministe.

 

Frédéric Demarquet


Billet du 12 juillet 2016

 

 

La relation et l'interaction au service du bien-être, de l'efficacité

et de la productivité organisationnelle


La majorité des coachs qui exercent avec une certaine ancienneté font le même constat : depuis une dizaine d’année, le métier connaît une mutation. En effet, nous recevons dans nos cabinets de plus en plus de personnes qui sont en souffrance. Il devient difficile d’exercer notre métier sans être au fait des risques psychosociaux et de leurs différentes composantes.  Parmi les facteurs de risques, l’un d’entre eux ressort très fréquemment : la relation. L’interaction humaine peut être le facteur déclencheur du mal-être, du stress et de la souffrance ou alors agit-il comme facteur aggravant. Les salariés en souffrance deviennent alors moins efficaces et la productivité s’en ressent. Cette observation de la montée en puissance de la souffrance au travail est confirmée par les statistiques des médecins et des psychologues du travail.

Plutôt que de parler de risques psycho-sociaux et dans une volonté de prévention en aval des risques, le bien-être au travail est de plus en plus reconnu comme une possibilité d’avenir pour les organisations. Ce bien-être sera la conséquence d’un certain nombre de prises de conscience et de changements. Parmi tous ces changements, la qualité de la relation sera omniprésente puisqu’elle agira en tant que tel ou comme moyen des autres changements. Les prémisses de cette nouvelle évolution sont engagées et bon nombre d’organisations commencent à placer la relation et l’interaction au cœur même de leurs préoccupations. Ainsi, la qualité de la relation participant au bien être, lui-même favorisant l’efficacité et la productivité, les savoir être et savoir faire relationnels deviendront-ils les valeurs monnayables de demain ? C’est un pari que bon nombre d’organisations évaluent activement. Le respect, la civilité, la courtoisie, la diplomatie, voir même la gentillesse constitueraient ainsi des cartes à jouer pour les salariés et offriraient, comme toutes autres compétence et qualité, un levier de négociation non négligeable. Ces savoir être seraient également une garantie de davantage de compétitivité dans les métiers et les activités qui sont dépendantes de la relation aux clients. En effet, les compétences relationnelles peuvent se dupliquer dans tous les domaines de l’interaction, que ce soit dans l’équipe, en transverse ou vers l’externe.

Nous autres systémiciens, dont la nourriture première de nos interventions est l’information fournie par l’interaction, nous développons une certaine dextérité à observer les systèmes humains, qu’ils soient familiaux, organisationnels ou sociétaux. Les travaux et éléments de recherches émanant des différents courants systémiques depuis les fondateurs et le Groupe de Palo Alto jusqu’à aujourd’hui fournissent une matière importante pour accompagner les acteurs et les organisations dans la connaissance de l’interaction, ses pièges et ses possibilités. Bien souvent, les aspects relationnels – et l’on observe facilement cela dans la relation aux clients – sont majoritairement traités sous la forme d’une référence à une norme, ne tenant en cela compte ni des situations ni des personnes. Ainsi, voit-on émerger des comportements relationnels stéréotypés, désincarnés et non investis par la personne qui les emploie. De l’incivilité, on passe alors à une civilité sur-jouée qui sera vécue par le receveur comme aussi désagréable que l’incivilité elle-même, voir davantage car l’effort fourni désamorce toute tentative de revendication de son droit à être bien traité. Une approche constructiviste et donc tenant compte des particularités de chacun, sera une approche davantage efficace et respectueuse. Cependant, donner l’injonction du savoir être est-il en soi respectueux ? Nous sommes ici très proches d’une injonction paradoxale qui pourrait être source du contraire de ce qui serait attendu. En effet, le savoir être émane d’une pulsion relativement spontanée et il est difficile d’en intimer l’ordre. Pour se sortir de ce paradoxe, il convient sûrement de passer à la classe des compétences. Et c’est bien au niveau des compétences relationnelles et interactionnelles qu’il conviendra d’agir. Cependant, on ne peut rendre cela davantage obligatoire et c’est bien à chacun de définir comment il souhaite se comporter dans la relation, et d’en assumer les conséquences. Et c’est là que la valeur marchande de ces compétences devient un levier de motivation suffisamment intéressant pour que les organisations commencent à s’y pencher. Ainsi, nos universités et nos écoles devront-elles dans l’avenir préparer les étudiants à cette nouvelle donne qui deviendra un incontournable de l’embauche et de la négociation.

Cette perspective semble plutôt appréciable pour faire évoluer les organisations vers un environnement davantage source de bien être que de risques psychosociaux. Cependant, il conviendra d’accompagner cette évolution avec la conscience et la volonté d’un curseur résolument tourné vers une éthique qui devra se construire au fil des étapes, garantissant ainsi  l’équilibre de l’ensemble et évitant les dommages collatéraux. L’éthique sous-entend un moyen pour atteindre un but. Et c’est bien en interrogeant le but avec clairvoyance que le moyen peut prendre la forme d’une éthique organisationnelle ou son contraire. Bien que le but final restera la productivité, il existe vraisemblablement quelques chainons manquant entre la qualité de la relation qui entraîne davantage de bien-être et la dite productivité. Et c’est bien à ce niveau que les organisations devront construire une éthique adaptée pour éviter de retourner rapidement à la case départ, voir au-delà. On voit aujourd’hui des organisations qui investissent ces chainons à des fins purement marketing, de communication interne et externe et on peut vite constater les dommages collatéraux qui en résultent et qui renforcent les difficultés initiales. On voit également émerger des solutions qui visent à créer une dépendance des acteurs, ce qui entraîne également des problèmes plus importants que ceux censés être traités. Lorsque une situation n’avance pas, les systémiciens ont coutume de dire que le problème est la solution mise en place et qu’il convient donc d’en inventer une qui soit différente et plus adaptée. On voit aujourd’hui des organisations qui trouvent ces solutions, de manières parfois bien différentes, mais toujours adaptées aux contextes et aux acteurs et tournées vers l’objectif de productivité. On voit cependant une constante dans ces solutions : la volonté authentique de développer des relations de qualité, respectueuses des uns et des autres. Le développement des compétences relationnelles ne peut en effet faire l’économie d’une démarche vraie, qui prend racine sur le terreau de l’éthique et la prise de conscience des enjeux personnels, collectifs et organisationnels. Faire le pari des interactions de qualité, c’est sans aucun doute faire un pas vers l’avenir des organisations, sans pour autant tomber dans l’utopie de la perfection dans ce domaine ni dans celle de l’entreprise idéale. L’utopie peut en effet rapidement mener à des ultras-solutions dictatoriales qui seront l’exact opposé du but recherché. Des relations de qualité ne peuvent en effet se développer qu’avec l’acceptation que la qualité sera variable et que parfois même elle ne sera pas. Il appartient aux acteurs, quel que soit la position hiérarchique, de faire l’apprentissage de la régulation pour aboutir à l’équilibre attendu par chacun d’eux.  Et c’est là qu’apparaît la valeur marchande de ces compétences relationnelles. En effet, s’il est vrai que la motivation organisationnelle principale est la productivité, il n’en est pas moins vrai que l’un des leviers de motivation important pour les collaborateurs est le salaire. L’équation peut alors trouver son issue dans cet espace ou le but des uns rejoint celui des autres.

Frédéric Demarquet   


Billet du 25 février 2016

 

Le Si développe une offre de coaching systémique familial et de couples

 

Le système familial se nourrit des interactions constantes qui unissent les membres d'une famille ou d'un couple. De la qualité de ses interactions et donc des relations internes à la famille ou au couple dépend l'équilibre du système. Parfois, il arrive que, au fil du temps ou suite à des évènements particuliers, à des passages de vie, cet équilibre soit mis à l'épreuve et la famille ou le couple traverse alors une zone de turbulence qui entraîne des conséquences sur la vie d'un ou plusieurs des membres de ce système. Les relations se dégradent et les uns ou les autres ont beau tenter de rétablir des relations de meilleure qualité, rien n'y fait, voir les choses empirent. Il devient alors difficile de poursuivre selon les mêmes schémas et la souffrance s'installe.

 

Le coaching familiale ou de couple propose aux familles et aux couples de trouver des solutions innovantes et adaptées qui puissent rapidement permettre le retour à un équilibre relationnel et aux objectifs des uns et des autres. Les modalités peuvent être variées et le coach peut recevoir un seul membre de la famille ou du couple qui est demandeur ou davantage si nécessaire. Les séances sont espacées de deux à quatre semaines et nos statistiques indiquent que le nombre moyen de séances est de cinq.

 

Les problèmes les plus souvent traités sont:

 

- Conflits internes à la famille ou aux couples

- Difficultés éducationnelles

- Echecs scolaires

- Adolescence difficile

- Incompréhensions et désaccords

- Projet de séparation ou de réconciliation (couples)

- Passage de vie difficile en lien avec un contexte particulier ou d'un évènement

- Passage de vie délicat: arrivée d'un enfant, adolescence, séparation, divorce, départ des enfants, milieu de vie, retraite, vieillesse...

- Familles recomposées

- Homosexualité difficile à vivre: coming out délicat, incompréhension, refus, rejet...

- Perte de dialogue, d'échanges...

 

En première séance, le coach établit un diagnostic et détermine les modalités d'intervention les plus adaptées au cas apporté par la famille ou le couple. Il les propose ensuite et laisse à chacun le temps de la réflexion avant de s'engager dans le processus.

 

Le coaching familial ou de couple offre une alternative à un travail thérapeutique et sa visée est pragmatique et orientée vers l'atteinte d'un objectif précis, un but que poursuit la famille, le couple ou certain de ses membres. La question centrale est "comment pouvons-nous régler nos problèmes et atteindre nos objectifs?". Dans cette perspective, le coach construit une intervention avec le ou les membres de la famille ou du couple, de la manière la plus efficace et dans un souci constant de respect des uns et des autres, afin de garantir des résultats optimums et sans dommages collatéraux. 


Billet du 16 février 2016

 

Sortie le 1er mars 2016 du nouveau livre de Frédéric Demarquet

"Manuel Systémique d'accompagnement de la personne"

Aux Editions L'Harmattan

La systémique est une manière à la fois efficace et respectueuse d’aborder la relation,  la résolution des problèmes humains et le développement des potentiels. Elle trouve des champs d’application variés dans le cadre de l’entreprise et également dans la vie de tous les jours. Les aspects pratiques et opérationnels traités dans cet ouvrage s’appuient sur des fondements théoriques issus de la théorie des systèmes, de la théorie de l’information, du constructivisme et de la communication interpersonnelle.

L’objet de ce livre est de présenter de manière didactique des techniques issues de ces théories complexes afin que chaque personne en situation d’accompagner d’autres personnes puisse puiser au fil de la lecture une source d’inspiration précise au service de l’exercice de son métier. Il s’adresse aussi bien à des coachs qu’à des accompagnants en développement personnel, des managers, des acteurs des ressources humaines, des consultants, formateurs, enseignants, des travailleurs sociaux, du personnel médical ou paramédical et tout autre métier ou activité qui suppose une posture d’accompagnement. Enfin, il apportera des éclairages concrets à toute personne s’intéressant à la relation et aux mécanismes du changement.

 

Avis de lecteurs:

 

"J'étais depuis longtemps à la recherche d'un ouvrage qui pourrait m'introduire de façon concrète et claire à l'approche systémique. Ceux que j'avais lus jusqu'alors étaient tantôt simplificateurs, tantôt abscons, ou encore trop déconnectés de la pratique de coaching. L'ouvrage de Frédéric Demarquet ne tombe dans aucun de ces écueils : il offre une vision à la fois complète et accessible de la pratique de la systémique appliquée au coaching. De nombreux exemples illustrent la richesse mais aussi la complexité de l'approche, ce qui en fait un ouvrage à la fois humble et ambitieux. La pédagogie est remarquable, et la mise en parallèle des différentes vagues de la systémique clarifie ce qui m'avait paru jusque là très flou. Enfin, les propos et conseils de l'auteur s'inscrivent dans une approche toujours respectueuse du client, parfaitement compatible avec les compétences du coach prônées par ICF. Mes critiques, s'il devait y en avoir, n'iront que sur les fautes d'orthographe un peu trop nombreuses, qu'on pardonnera aisément au vu de la qualité du fond."

Andrew Maho, coach, formateur, consultant

 

"Le modèle que propose Frédéric Demarquet est porteur d'espoir quant à une pratique respectueuse et efficace de l'accompagnement de la personne dans une dynamique de changement."

Gilles Ruard, coach, metteur en scène

 

"Je viens de terminer votre dernier livre et je voulais vous partager l'intérêt, le plaisir et l'enrichissement personnel qu'il me procure. J'étais déjà sensibilisé à la systémique mais je sens bien comment votre ouvrage me fait faire un grand pas supplémentaire quant à cette approche , tant dans ma vie personnelle que professionnelle. J'aime la clarté, la pédagogie, les allers-retours permanents entre les éléments théoriques et les présentations de cas ainsi que votre style littéraire. Je voulais seulement vous en remercier."

Laurent Lebrun, coach

 

"Je suis plongée dans la lecture de votre livre... Je trouve ça remarquable la façon dont vous décrivez les nuances entre les différents modèles. J'adore!"

Katia Toledano, coach

 

 

"Le Manuel Systémique d'Accompagnement de la Personne rend claires des théories complexes, et surtout les met en application. Ainsi, et c’est en cela qu’il est passionnant, il nous rend acteur de sa lecture: à travers de nombreux cas, nous pouvons nous exercer aux techniques systémiques, et en découvrir toute leur richesse."

Gracco Gracci, coach, formateur, metteur en scène, comédien et auteur

 

"Frédéric  Demarquet souhaitait écrire un ouvrage pratico-pratique, pari tenu! Avec ce manuel très pédagogique et nourri de nombreux cas concrets, il nous invite à sa façon de travailler: prise de notes, analyse, choix du modèle, stratégie et processus d'intervention. Merci beaucoup pour ce partage."

Anne-Laurence Duroselle, coach, consultante bilans de compétences

 

 

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Billet du 10 février 2016

 

Le livre de Frédéric Demarquet "Et si j'osais... en finir avec ses peurs mode d'emploi" aux éditions Eyrolles est toujours en vente dans les librairies ou en ligne.

 

Vous êtes souvent dans l’évitement et vous sentez que des peurs viennent entraver vos projets professionnels ou vos projets de vie ?  Vous manquez de confiance dans certaines situations ? La peur d’échouer, de ne pas être à la hauteur, d’être rejeté ou encore d’oser faire, d’oser dire vous accompagne régulièrement ?


Cet ouvrage se propose de vous accompagner à surmonter vos peurs, à trouver la liberté qui vous portera vers la réussite et le succès dans vos projets. Les peurs ne sont pas une fatalité et toute peur porte un sens. Le comprendre, c’est se donner la possibilité de gérer cette émotion qui vous entrave et vous bloque.


Au fil des pages, vous apprendrez à mieux vous connaître face à la peur, à mieux connaître vos peurs et d’exercice en exercice, vous pourrez vous entraîner à les transformer, les modeler pour renverser la situation et laisser la place à autant d’opportunités de gagner en confiance, de vous affirmer dans les diverses situations que vous rencontrez. Que vos peurs soient importantes ou minimes, elles méritent toute votre attention et les gérer, c’est ouvrir grand les portes vers vous-mêmes.



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